Pourquoi échouons-nous dans le dialogue avec nos enfants ?

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introduction

             Qui a dit que l’éducation d’un enfant est chose facile ?c’est une tâche quotidienne et monotone qui demande des choses qu’on n’a pas toujours : du temps, de l’énergie, et beaucoup de patience. À cela s’ajoute que chaque enfant exige une approche particulière en fonction de son état, son caractère et de ses comportements : il y a des enfants têtus, des enfants timides des enfants malades…

Il y a malheureusement des parents qui, une fois que leur enfant fait une chose qu’il juge inapproprié, s’énerve et sanctionne d’une façon ou d’une autre l’enfant. Cette méthode d’approche crée un écart entre les enfants et leurs parents et bloque le dialogue.

Voici deux principales erreurs qui font échouer le dialogue et la communication entre les parents et les enfants :

La première erreur : la méthode (silence ! je ne veux rien entendre)

              La première erreur est que nous envoyons des phrases, ainsi que des signes qui veulent dire : « je ne veux rien entendre de toi » Telles que les phrases suivantes : « laisse –moi tranquille », « après on verra. », « va voir ton père », " va voir ta mère ». Nous envoyons également des mouvements ayant le même contenu, tels que :  s’occuper de quelque chose ou regarder ailleurs quand l’enfant nous parle. Parfois l’enfant peut faire tourner le visage du parent ou venir en face de lui pour réclamer plus d’attention. Il nous demande son droit à l’écoute mais après il ne le fera plus. Il comprendra que sa mère ou son père peut parler à son ami ou à un invité ou même regarder la télé mais ne lui parle pas à lui comme si tout est importait sauf lui.

Ainsi, lorsque vous terminerez la lecture de cet article et que votre enfant vient vous parler et exprimer ses sentiments et ses pensées, accordez une attention particulière à ce qu'il dit. Cette écoute et cette attention montre que vous le comprenez et que vous le respectez.

 Si vous êtes occupé, père ou mère, désignez à votre fils ou à votre fille une date et une heure précise dans laquelle vous serez disponible. Par exemple dites : «Je suis occupé(e) maintenant. Après un quart d’heure, je peux très bien vous écouter.

Ainsi vous avez remplacé les mots et les mouvements qui signifient (je ne veux rien entendre de vous) par des mots et des mouvements qui signifient (je t'aime et j'aime t'entendre et ressentir tes sentiments) et surtout s’il est bouleversé ou frustré

La deuxième erreur : la méthode du détective ou du policier

                 Imaginons cette scène d’un enfant qui venu voir son père

-L'enfant : "Aujourd'hui, un camarade m’a frappé à l'école. »

 -Le père : "Vous êtes sûr que ce n’est pas toi qui commencé ? »

- L’enfant : « Non Je ne lui rien fait »

 -Le père : «  est-ce raisonnable qu’il te frappe sans raison ! »

- L’enfant : « je te jure que je n’ai rien fait »

 Le petit a commencé à se défendre, et il a regretté de s'être entretenu avec son père. Ce dernier avait fermé la porte du dialogue et s’est transformé aux yeux de son fils d’un ami à qui il peut raconter ses problèmes à un policier qui ne croit son conte des faits ?

 Le père dans cette histoire croit que son fils lui avait demandé quelque chose par exemple d’aller à l'école et porter plainte. Il se dit : peut-être que mon fils a tort, et pour s’assurer il utilise cette méthode qui ressemble à une enquête policière. En fait, l’enfant ne veut rien de tout cela, il ne veut pas plus que son père l'écoute attentivement et comprenne ses sentiments

L’enfant veut un ami qui le comprend, pas un policier qui le protège. Alors une fois adolescent il cherchera des amitiés en dehors de la maison car le père s'est isolé de son fils dans les moments les plus dangereux de sa vie

Le style de l'interrogateur oblige l’enfant à se défendre et cette méthode risque de causer des dommages inattendus. Prenez, par exemple, l'histoire de Joseph et l'épée est brisée. Joseph a sept ans, son père lui a acheté un jeu sous forme d'une belle épée. Joseph a pris l'épée, et pris d’enthousiasme, il se croyait dans une guerre, son ennemi est tombé par terre, a levé l'épée sur lui et frappe fort sur la céramique et l'épée s’est cassée. Craignant son père Joseph a caché l’épée cassée sous le canapé  

Imaginons encore une fois cette lorsque le père a découvert l’épée cassée et cachée.

-Le père : « où es ta nouvelle épée ? »

-L’enfant : « je ne sais pas peut être dans l’autre chambre »

-le père : « tu as cassé l’épée et en plus tu mens, je n’aime pas les menteurs ».

Le père frappe son enfant qui court vers sa mère en pleurant.

Dans cette histoire, le père pense qu'il doit battre son enfant parce qu'il ne veut pas qu’il soit un menteur, et cette excuse est totalement inacceptable. Nous lui disons : c’est votre style de dialogue qui a fait mentir l’enfant. Vous aurez pu lui dire :

-le père : « je vois que ta nouvelle épée est cassée »

-l’enfant : « j’étais entrain de jouer et elle s’est cassée »

- Le père : « c’est bien dommage car sa valeur est chère. »

  De cette façon le petit comprendra qu’il peut parler et communiquer aves son père sans crainte et qu’il peut lui raconter ses problèmes. Il aurait honte de lui-même et conserverait davantage les cadeaux de son père.

Que faut-il faire ?

             Nous devons chercher le plaisir dans l’éducation mais nous ne pouvons l’atteindre que si nous descendons vivre dans le monde des enfants. On constate que les petits aiment beaucoup leurs grands-parents car ces derniers savent vivre dans le monde des petits. Les enfants attendent de nous ce type de comportement.

Tout cela peut être réalisé si nous rendons nos relations avec nos enfants horizontales, comme on fait avec des amis.Une relation dominée par le dialogue et l’amour. Si la relation est verticale comme la relation du président et ses subordonnés, dominée par les ordres et les interdictions, sans aucun doute son impact positif sera minime L’un des signes de notre succès en éducation est que nous réussissons dans le dialogue avec nos enfants d’une manière qui satisfasse le père et le fils