LA VIOLENCE EDUCATIVE ORDINAIRE

Qu’est-ce que la violence éducative ordinaire ?

Pour la pédiatre Edwige Antier, l'expression VEO est très claire : Violences veut dire : attaques. Éducatives : qu'on se donne pour excuse que ça va éduquer l'enfant Ordinaires : qu'il s'agit de gestes ou de pratiques banales, courantes, généralement acceptées par la société."

La Violence Éducative Ordinaire regroupe donc toutes les violences physiques, psychologiques ou verbales qui semblent communément admises car elles sont dites « éducatives ». Le terme VEO fait référence aux travaux d’Olivier Maurel, et d’Alice Miller.

Exemples de violences éducatives ordinaires

Cette liste n’est pas exhaustive et elle n’est pas à prendre comme une vérité absolue car elle est en constante évolution.

" N'use pas de violence dans l'éducation des enfants, mais fais en sorte qu'ils s'instruisent en jouant : tu pourras par là mieux discerner les dispositions naturelles de chacun. 

Les violences physiques :

Fesser, gifler…

Donner une tape sur la main

Bousculer l’enfant/le pousser/le tirer/ tirer les oreilles/les cheveux…

Secouer

Tenir les joues

Mordre, pincer

Laisser pleurer seul

Forcer à goûter/à manger/à finir son assiette

Priver de dessert

Empêcher d’aller aux toilettes

Empêcher de boire/ de manger

Prodiguer des soins sans prévenir, par derrière (nettoyer le visage/moucher)

Mettre un enfant sur le pot avant qu’il ne le demande

Conditionner l’enfant à la continence

Allaitement et/ou repas de l’enfant sans prendre en compte sa faim mais en fonction de notre horaire décidé à priori (refuser à un enfant de manger / le forcer à manger) " N'use pas de violence dans l'éducation des enfants, mais fais en sorte qu'ils s'instruisent en jouant : tu pourras par là mieux discerner les dispositions naturelles de chacun. 

Les violences psychologiques :

Crier

Faire la grosse voix, « hausser le ton »

Faire les gros yeux

Faire peur, effrayer

Réprimander

Brimer

Mettre au coin

L’isolement temporaire (sur une chaise, dans les escaliers…)

L’isolement forcé

Créer un tableau d’appréciation du comportement de l’enfant via des visuels (lion des couleurs, points, croix…)

L’indifférence (dont ignorer l’enfant en détresse émotionnelle quelque soient ses comportements, marquer volontairement une indifférence)

Pousser l’enfant à pleurer/provoquer les pleurs de l’enfant volontairement

Le laxisme

Les privations

Punir

Menacer

Faire du chantage

Rabaisser

Humilier

Insulter

Se moquer

Rire quand l’enfant est en détresse

Donner des surnoms humiliants/blessants

Donner des récompenses

Comparer les enfants

Mentir

Cacher des choses impliquant l’enfant

Ne pas écouter l’enfant

Ne pas arrêter de chahuter/chatouiller quand l’enfant le demande

Ne pas respecter son intimité : entrer dans sa chambre sans y être invité, lire son courrier, ses comptes sur les réseaux sociaux, changer la couche de l’enfant devant tout le monde…

Critiquer ses amis, ses goûts devant lui

Lui faire faire des promesses

Se placer en autorité toute puissante (adultisme)

Confisquer le doudou/ la tétine/ jouets/ téléphone

Mettre des étiquettes (positives ou négatives)

Avoir des attentes qui ne concordent pas avec le développement de l’enfant

Le forcer à mettre les habits que l’on choisit au lieu de respecter ses goûts

Le forcer à mettre sa veste/ bonnet… sans marge de manœuvre (explications, expérimentation du froid…)

Forcer un enfant à rester nu sur la plage alors que ce dernier a clairement exprimé son refus d’exposer son corps.

Forcer un enfant à s’habiller alors qu’il souhaite être nu, dans la mesure du possible.

Réveiller brusquement, lumière vive, bruit, chatouilles

Empêcher l’enfant de dormir sous unique prétexte qu’il doit “se lever tôt/à l’heure” sans réelle obligation.

Jeter les jouets de l’enfant sans son accord

Jeter/menacer de jeter les jouets de l’enfant sous prétexte qu’ils ne sont pas rangés

Les violences culturelles :

Les violences culturelles mêlent souvent violences physiques et psychologiques et posent un problème par rapport au consentement de l’enfant et à son choix libre et éclairé.

Imposer notre vision homme/femme, notre religion, nos coutumes, nos valeurs, notre régime alimentaire

Percer les oreilles d’un enfant sans son consentement éclairé et réfléchi

Circoncire sans son consentement éclairé et réfléchi

Décalotter

Forcer à demander pardon/à s’excuser

Obliger à faire la bise/à se laisser embrasser

Forcer à faire un câlin/à se laisser câliner

L’exposer sur internet/dans nos conversations sans son consentement (photos, vidéos, récit )

Les douces violences 

Donner des surnoms (monstre, bulldozer, petit diable…)

Utiliser du second degré alors que l’enfant n’est pas capable de le comprendre

Presser l’enfant dans toutes ses activités

Faire à sa place car on le trouve trop lent

Parler devant lui à la troisième personne sans l’inclure dans la discussion

Parler à l’enfant ou de soi en utilisant la 3ème personne : « Léo a fait ça » en parlant à Léo ; « Il est où papa » prononcé par papa.

Le mettre devant la tv/console/tablette pour avoir la paix

Utiliser un parc/lit cage alors que l’enfant a besoin de se mouvoir

Utiliser systématiquement la poussette avec un enfant qui demande à marcher

Parler devant l’enfant dans une langue étrangère ou épeler des mots pour qu’il ne comprenne pas et soit exclu de la conversation.

Empêcher un bébé de se mouvoir librement à cause de ses vêtements/chaussures.

Forcer à rester à table pendant le repas

VIOLENCE PHYSIQUE

LES CAUSES DES VEO :

D’après une enquête relative à la prise de conscience de la violence éducative ordinaire

menée par l’Observatoire de la violence éducative ordinaire, les facteurs qui poussent les répondants à recourir à la VEO, sont :

  • La fatigue est nommée à 90 % comme le facteur poussant les personnes à recourir à des pratiques violentes.
  • Les difficultés extérieures générant du stress
  • le manque de temps pour soi.
  • L’éducation suivie par les parents qui ont du mal à renoncer aux méthodes éducatives qu'ils ont eux-mêmes subies pendant leur enfance
  • Les difficultés à comprendre le comportement de l’enfant 
  • Le manque de soutien du conjoint ou de la conjointe 

LES EFFETS DES VEO :

Alice Miller  a été la première à montrer clairement que la source de la violence humaine, individuelle et collective, sociale et politique, se situait dans les traumatismes d’enfance non identifiés comme des violences inacceptables.

La violence éducative Ordinaire, est un cercle vicieux. Les enfants qui ont subis ces violences, les pratiquent, à leur tour quand ils sont adultes, avec leurs propres enfants. Un enfant menacé, puni, et humilié menacera, punira, et humiliera

Quelles alternatives ?

L'éducation à la non-violence passe par la non-violence de l'éducation -jean-Marie Muller

  • Éviter tout châtiment corporel envers les enfants (gifle, fessée, etc.).
  • Pratiquer une éducation bienveillante et positive : les parents doivent montrer clairement et calmement à leurs enfants les conséquences de leurs refus ou  de leurs actes
  • Connaitre les étapes du développement de l’enfant.
  • Prendre conscience que les mots, nos attitudes et nos comportements  peuvent faire du mal aux enfants.
  •   Se mettre à écouter avec bienveillance les sentiments et les émotions des enfants et les comprendre. Cela va nous permettre de comprendre leurs intentions premières. Un enfant qui agit ne cherche pas à faire du mal il cherche seulement à agir dans son propre intérêt comme n’importe qui.
  • Poser un cadre structurant c'est-à-dire poser les règles avant l'action de rappeler ces règles pendant l'action et puis de faire le bilan après l'action. En d'autres termes mettre les bonnes stratégies en place pour ne pas avoir à crier ou à frapper.
  • Remplacer les punitions par des réparations qui relatives à l’âge de l’enfant, et à l'erreur qu’il vient de faire.
  • Gérer de manière bienveillante les rivalités dans la fratrie.
  • Développer leur confiance leur autonomie, et leur estime de soi.

Sources:

http://www.oveo.org/

https://www.les-supers-parents.com/journee-de-la-non-violence-educative/

http://www.cdumonteilkremer.com/article-triple-a-contre-triple-f-112740976.html